En 2100, l’actuel climat méditerranéen s’étendra jusqu’au sud de la Loire et certaines espèces, le hêtre par exemple, peineront à s’adapter à cette évolution. D’autres au contraire, pourraient prospérer. C’est le cas du cèdre de l’Atlas, introduit avec succès en France au XIXe siècle. Produisant un bois de qualité, durable, imputrescible, cet arbre à croissance relativement rapide séduit les sylviculteurs. Le cèdre résiste bien à la sécheresse mais à condition que ses racines puissent puiser l’eau en profondeur. Elles parviennent à s’immiscer sans mal le long des fissures des roches les plus dures, mais les sols argileux constituent des barrières infranchissables. Autre souci, l’arbre est sensible aux gelées tardives. Difficile de prévoir comment il s’adaptera à la période de transition qui conduira à terme au climat méditerranéen. En outre, l’arbre va être confronté à des parasites ou des champignons qui ne l’affectent pas dans son aire actuelle de répartition. Malgré ces incertitudes, les chercheurs de l’Inra estiment que l’arbre pourrait d’ores et déjà prospérer dans l’aire naturelle du chêne pubescent qui a les mêmes exigences climatiques : Aquitaine et Poitou-Charentes (en évitant les départements côtiers sous influence trop océanique), sud des Alpes et du Massif Central, couloir rhodanien jusqu’en Bourgogne. Un juste retour des choses quand on y pense puisque le cèdre était présent au nord de la Méditerranée avant la dernière glaciation. S’il n’a pu y revenir de lui-même, c’est parce que la mer lui barrait la route…

Source : Inra

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