L’ADEME a publié une étude sur les disponibilités en biomasse forestière françaises à l’horizon 2035, menée avec l’IGN et l’institut technologique FCBA, en collaboration avec les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture.

Elle confirme le potentiel de ressource de la forêt française et la possibilité d’augmenter significativement les prélèvements, jusqu’à + 20 millions de m3 par an d’ici 2035. Le niveau de prélèvement actuel étant de 66 millions de m3.

Les disponibilités en bois sont analysées selon deux scénarios :
– Le scénario de sylviculture constante, qui simule un maintien des pratiques actuelles de gestion pendant les 20 prochaines années ;
– Le scénario de gestion dynamique progressif, plus ambitieux. Il fixe l’hypothèse d’une
intensification globale de la gestion forestière, calquée sur les pratiques les plus dynamiques (mise en gestion de nouvelles forêts privées, rattrapage de peuplement en retard d’éclaircie, etc.), en tenant compte de la préservation de l’équilibre des écosystèmes forestiers.

L’évolution de la récolte pourrait satisfaire une augmentation de la demande de bois d’œuvre feuillus et surtout de bois d’industrie et énergie. La disponibilité en bois d’œuvre potentiel résineux resterait cependant au-dessous de la demande envisagée, quel que soit le scénario. L’analyse montre la complémentarité des filières : environ la moitié de la ressource supplémentaire disponible pour l’énergie et l’industrie est conditionnée à la mobilisation du bois d’œuvre. Dans tous les cas, les prélèvements restent largement inférieurs à l’accroissement biologique annuel de la forêt. Cette sylviculture permet en parallèle de renouveler les peuplements ainsi que d’adapter la forêt et la rendre moins vulnérable au changement climatique.

La forêt française constitue un puits de carbone très important, en séquestrant chaque année l’équivalent de 15% des émissions nationales. La mobilisation additionnelle de la ressource forestière pour du bois-matériau et du bois-énergie dans le cadre d’une gestion durable comporte plusieurs avantages : elle permet de substituer l’usage de combustibles fossiles, de matériaux impactant le changement climatique, et de prolonger le stockage de carbone des arbres dans les produits bois, contribuant ainsi à terme à atténuer l’effet de serre. La récolte de bois contribue à dynamiser l’activité économique locale, notamment dans les régions rurales, et également à favoriser les démarches d’économie circulaire en utilisant tout le bois, du tronc pour le bois-matériau aux petites branches pour le bois-énergie.

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